Notre star du terroir de mars 2026

Expert en cueillette de plantes sauvages, Eddy Bardin nous accueille dans son atelier niché au cœur de la montagne beaujolaise. À partir de ce terroir comestible, il concocte de savoureux produits bienfaisants. Si la discussion porte sur le coucou, il nous rappelle surtout combien chaque éclat de nature, mérite notre émerveillement.

Le « monde incroyable » d’Eddy

Entrepreneur dans l’âme, Eddy Bardin est aussi curieux et aventurier solitaire. À 27 ans, il entreprend les 900 kilomètres de la Grande Traversée des Pyrénées par le GR®10 en courant. Au fil des chemins de cette épreuve initiatique, il mûrit petit à petit la décision de quitter la Haute-Savoie pour revenir dans son Beaujolais vert natal, où il devient artisan cueilleur.

Des heures passées en montagne, Eddy a développé un sens aigu de l’observation des milieux naturels. Il enrichit assidûment ces connaissances intuitives grâce aux travaux et découvertes des scientifiques spécialistes du vivant.

Cet attachement à la nature, qu’il qualifie de « vital », témoigne également de ses valeurs familiales et de son enfance bercée par des beaux paysages du Beaujolais. Comme il le dit, « on vit dans une espèce de paradis, un monde incroyable », tout en déplorant « que l’on s’en soit coupé ». 

L’art de la cueillette du terroir sauvage

Convaincu que nous avons tous la « possibilité d’agir à l’échelle de son territoire », ce passionné transmet sans compter sa culture botanique, lors des balades et journées découvertes passionnantes.

Il sensibilise chacun à l’importance « d’observer la nature, quelle que soit sa personnalité, sa passion, son métier », d’en prendre le pouls pour déceler ce qu’elle révèle de l’état des sols et de l’environnement dans lequel nous vivons.

Ses connaissances qu’il cherche à transmettre, offrent entre autre, la possibilité de gagner en autonomie « alimentaire » durant la quasi-totalité de l’année.

En moins de cinq minutes passées à décrire le talus anodin situé à côté de son atelier, il a déjà ramassé les ingrédients de l’entrée de son repas de midi. Salade de jeunes feuilles de pissenlits, de mâches, d’égopodes, de primevères, agrémentée de fleurs de violettes, de coucou et de véronique pour la décoration.

Il alerte toutefois sur la vigilance à adopter quant à la pratique de la cueillette. Si la France abrite plus de 1000 espèces végétales comestibles, une cinquantaine est mortelle. Mieux vaut se renseigner sur la nature de ses trouvailles avant de les consommer.

Le geste du cueilleur s’accompagne également de règles. « Prendre ce dont on a besoin » détaille-t-il et « pas plus d’un tiers maximum » de la station, à savoir le lieu de cueillette où la flore pousse en abondance. Enfin « tout ce qui n’est pas beau » ou malencontreusement ramassé, reste sur place, pour « nourrir les espèces vivantes du sol ».

Quand chante le coucou

Courant février, Eddy a récolté les derniers cynorrhodons dont il fait des confitures. Ces petites baies rouges, véritables concentrés de vitamine C, sont les faux-fruits de l’églantier.

Confiture de cynorrhodon – E. Bardin
Cynorrhodon et aubépine – C. Brassart

Et alors que les prémices du printemps s’annoncent, un autre cycle de cueillette démarre avec l’apparition des primevères officinales, communément appelées coucous.

La petite fleur jaune vif délicatement parfumée repose sur un calice vert tendre. Elle possède des propriétés médicinales intéressantes, notamment anti-inflammatoires et adoucissante des voies respiratoire, précise Eddy Bardin.

Cette jolie plante « aime la lumière », poursuit-il. Elle égaye les prairies ou encore les lisières de forêts de feuillus. Son nom poétique s’inspire de celui de l’oiseau dont le chant célèbre résonne dans la campagne. « Quand l’oiseau revenait de migration de l’Afrique tropicale », raconte Eddy, « la primevère officinale fleurissait ».

Coucou – C. Brassart
E. Bardin

À partir de la fleur, il prépare dans la bassine à confiture en cuivre familiale, une gelée raffinée.  Dans son petit pot de verre, on l’imagine volontiers sur la table d’un petit-déjeuner printanier.

Comme la recette nécessite une grande quantité de matière première, la récolte est longue. Il faut en outre restreindre la cueillette, afin de préserver le cycle biologique de la plante. Elle peut d’ailleurs attendre longtemps la visite de son insecte butineur, s’épanouissant davantage pour se rendre plus attirante.

Entre anecdotes étonnantes et savoir ancestral, Eddy Bardin nous incite à « regarder le vivant d’une autre manière », et nous donne envie d’en prendre soin.  Plus il y aura de vie dans le terroir et plus il y aura de coucous !

La recette de gelée de coucou d’Eddy Bardin

  • 250 g de fleurs par litre d’eau
  • Du sucre
  • Un peu d’agar-agar pour donner la texture à la gelée
  • Faire infuser les fleurs à 85° et à couvert pendant 5 minutes, puis remettre des fleurs supplémentaires, laisser à nouveau 5 minutes à couvert

Où acheter les confitures, gélées, crèmes… « Les cueillettes d’Eddy »

  • Les création gourmandes  » Les cueillettes d’Eddy « , sont en vente dans le Beaujolais, et dans une boutique lyonnaise.
  • Également à Claveisolles, sur RDV dans le local d’Eddy, ou en ligne sur son site Internet.
  • Programme des balades et journées découverte également sur Facebook
E. Bardin
Fleurs de sureau – E. Bardin

Contact

Les cueillettes d’Eddy

372 Lieu dit Valtorte – 69870 CLAVEISOLLES

Tél. 06 70 56 67 90 – sur RDV uniquement

@ : eddy.bardin@live.fr

www.cueilletteddy.com