Yann MALEYSSONLarajasse
Larajasse
Son histoire est romanesque, empreinte de légende et donc d’incertitude. Le sanctuaire que l’on peut voir aujourd’hui date de 1870 et a remplacé la chapelle de Fontillon (pour Fontaine Vive), un lieu de pèlerinage située alors près d’une source.
La première chapelle daterait du IX° siècle. La colline de Saint-Pierre de Pizay, sur le territoire de de l’Aubépin d’aujourd’hui, était alors un lieu dominant où Girard de Roussillon, gouverneur de Vienne dont la famille possédait déjà Riverie, construisit un château. Après la mort de Charlemagne, le royaume se désunit et les seigneurs reprennent une grande importance.
Un seigneur normand cherchant paix et tranquilité, fatigué des guerres, arrive un jour à Saint-Pierre de Pizay et demande au Seigneur de Roussillon de s’installer comme ermite à la Fontaine Vive. Le lieu y est superbe, tranquille avec une belle vue et il y a de l’eau. La demande est accordée et notre normand construit une cabane. Il est petit à petit ébloui par la femme du seigneur du lieu : Isabeau d’Harcourt, une catholique grande croyante. Elle va le convertir au catholicisme et il édifie alors une petite chapelle à côté de sa cabane pour abriter une Vierge en bois qu’il a sculpté à laquelle il a donné le nom de « Notre-Dame de Fontaine Vive ». Tandis qu’il prie jour et nuit, il en vient à obtenir des guérisons spectaculaires sur des personnes alentour. L’affaire finit par faire grand bruit et des processions se forment à mesure que les miracles augmentent. Isabeau agrandit le sanctuaire qui devient trop petit tandis que notre normand finit par mourir sans que la renommée du lieu diminue, bien au contraire.
Au XIIe siècle, la famille l’Aubespin de Saint-Amour, devenue propriétaire des lieux, fonde l’Aubespin en Jarez , aujourd’hui l’Aubépin. La chapelle Notre-Dame de Fontaine Vive, située sur ses terres, devient donc la propriété de cette famille autour de laquelle s’installent de nombreux paysans qui défrichent et cultivent. Le village grandit mais en 1362 il est détruit lors de la bataille de Brignais et l’ermitage est brulé. Au cours de cette bataille Rolland et Falques de l’Aubespin meurent. En souvenir on reconstruit une chapelle dite alors de« Fontillon ».
En 1539, Claude de l’Aubespin, moine de Saint-Pierre de Chalons, hérite de Fontillon et fait élever une croix en pierre près de la chapelle qu’il appelle croix Odette, du nom d’une tante religieuse. En janvier 1562, les guerres « de religion » débutent. Le baron des Adrets répand la terreur dans le Lyonnais et le Dauphiné. Puis il entreprend la conquête du Forez et du Beaujolais. L’Aubespin est pris, la chapelle est brulée, seule la croix reste. Les troupes du baron filent vers la plaine du Forez zt Montbrison. La crois restante est alors transportée au village de l’Aubespin où elle y reste jusqu’à la Révolution. En 1793, elle est remplacée par un arbre de la Liberté.
En 1870, François Bourdet, curé de l’Aubépin qui a hérité de Fontillon, décide de rétablir l’ancien pèlerinage et construit avec les habitants une nouvelle chapelle qui devient Notre-Dame de la Salette (l’apparition de La Salette en Isère a eu lieu en 1846). Le pèlerinage est tellement prisé qu’il faut agrandir la chapelle. Comme elle se trouve entre L’Aubépin et Lamure, un conflit éclate pour savoir qui va profiter de l’apport des manifestations religieuses grandissantes. L’évêché tranche en faveur de l’Aubépin qui déplace la chapelle plus près du village, là où elle se trouve aujourd’hui. Quand le curé Bourdet meurt, le terrain et la chapelle reviennent à Etiennette et Françoise Bourdet, des cultivatrices qui en font donation à la paroisse. Elle sera restaurée en 1944 puis en 1986.
Aujourd’hui, il n’y a plus de pèlerinage mais une messe y est célébrée chaque année en septembre (mois d’apparition de la Vierge à La Salette) et elle est illuminée chaque 8 décembre.